D’abord, il y eut l’annonce que Monsieur de Rugy élu à l’Hôtel de Lassay sur instruction de sa hiérarchie, devrait en déguerpir après deux années et demie pour que dans l’équilibre des hochets, une femme succède à un vert. Le fantôme du Duc de Morny se réjouit peut-être de bientôt voir une dame présider à ses salons mais la Représentation Nationale ne gagnera rien à regarder sa Présidence devenir une prébende en partage.

Ensuite, il y eut le discours du Président de La République dont il s’est compris que dans un pays rongé par un chômage endémique depuis près de quarante ans, miné de déficits à ce point chroniques qu’ils sont devenus la règle et paralysé de règlements tellement complexes que même les spécialistes pourraient s’y égarer, le souffle du renouveau devait se porter toutes choses cessantes sur la façade des Institutions. On attendait une révolution fiscale, un bouleversement en profondeur des pesanteurs dont la campagne d’En Marche avait indiqué qu’elles étaient cause de tous les maux. Voilà que sont annoncées la suppression du Conseil Economique et Social qui certes ne sert à rien, la réduction du Sénat d’un tiers sans que l’on ne sache bien pourquoi un tiers et pas un quart ou plus ou moins et aussi l’introduction d’un peu de scrutin proportionnel sans que la notion d’un peu ne soit bien claire. Même une fin de banquet du Parti Radical de la meilleure époque, aurait eu peine à s’émouvoir d’un programme aussi plat. A fortiori, les dorures du Château de Versailles, témoins privilégiés de l’Histoire de France, oublieront vite ce Congrès sans importance.

L’électeur qui pensait avoir élu Bonaparte a découvert, voilée d’un masque d’Empereur romain, l’ombre d’Henri Queuille, sans que curieusement la presse ne s’en inquiète. L’espoir en Monsieur Macron, entre Front National et Insoumis, est tellement désespéré que personne avant longtemps ne voudra s’avouer que la montagne peut-être a accouché d’une souris.