Des Marches de la Gauche

La lecture la plus répandue du succès de Monsieur Macron et de ses disciples est celle d’un remplacement de l’alternance de la Droite et de la Gauche par un Centre ne laissant en dehors de lui que quelques extrêmes ou quelques sots ayant raté le train de la lumière.

C’est une lecture en trompe-l’œil confondant Gauche et Socialisme parce que pendant plus d’un siècle le second a absorbé la première comme à partir du XVIème siècle, les théologies luthéro-calvinistes avaient absorbé toutes les sensibilités se démarquant de Rome.

La Gauche est née bien avant Marx d’un refus émotionnel de l’injustice: ce fut au XVIIIème siècle, la critique du système monarchique et plus tard au XIXème la revendication du suffrage universel et des libertés fondamentales. Cette Gauche là n’a cependant pas perçu l’injustice de la condition ouvrière de l’industrie naissante et s’est fait subtiliser son positionnement par les socialistes.

Avec le temps, l’impossibilité de mettre en place un régime socialiste a fini par vider l’appellation même de toute signification et mettre le parti du même nom dans une contradiction permanente entre son discours et ses actes: on peut reprocher beaucoup de choses à Monsieur Hollande mais certainement pas d’avoir installé le socialisme en France. De cette contradiction est né un divorce entre les socialistes et la Gauche qui ne l’était plus.

C’est dans ce contexte là qu’il faut comprendre l’accession d’En Marche à celles du pouvoir. Il y a toujours une Gauche et une Droite mais sauf pour ses extrêmes, communistes, insoumis ou autres, la Gauche n’est simplement plus socialiste.

La difficulté pour elle et pour la Droite va être de s’inventer des marqueurs les rendant à la fois crédibles et différentes. L’exercice sera aussi difficile pour l’une que pour l’autre car En Marche prend le risque de se résumer à une équipe de gestionnaires entre les mains d’un Monarque-Président et les Républicains prennent celui de se confondre avec le Front National.