Non possumus
« Que faire ? » s’interrogeait Lénine en 1902; cent ans après sa mort, nombre d’électeurs en France se posent la même question, en d’autres termes évidemment. Que faire entre le RN et la LFI ? Comprendre ce qu’ils sont et en tirer les conséquences.
De même que toute organisation terroriste a une branche politique pour se déguiser, RN et LFI ont à l’entrée du magasin, pour l’un le visage sérieux et le costume bleu sombre de Jordan Bardella et pour l’autre Olivier Faure habillé en notable de comices agricoles et Raphaël Glucksmann au regard encore habité des principes qu’il a reniés. Il faut pousser plus loin, aller dans l’arrière-boutique pour trouver ceux qui la font tourner: au RN, un Thierry Mariani missus dominici de Poutine et des brochettes de candidats tout droit sortis des strates historiques du mouvement; à la LFI entre autres, un fiché S, injure à toute victime directe, indirecte ou même vicariante d’attentat et un sombre individu qui a accusé les Israéliens de faire rôtir des bébés dans des fours, référence explicite au nazisme et aux accusations médiévales de meurtres rituels.
Un mouvement politique ne se juge pas à l’aune de ses promesses électorales même si celles de la LFI et du RN signent la vacuité de leur pensée; il s’apprécie au regard des convictions de ceux qui le composent et à ce trébuchet, LFI et RN apparaissent dans la similitude de leur matrice: celle des dictatures et de la violence érigée en instrument de domination au prétexte d’égalité pour les uns, de sécurité pour les autres; celle des allégeances extérieures à front renversé des alliances des démocraties libérales; celle de la réduction programmée des libertés publiques; celle pour qui la démocratie est une variable d’ajustement pour prendre le pouvoir et non une valeur irréductible.
Entre les deux extrêmes, nous ne pouvons pas choisir et nous devons les rejeter ensemble car choisir entre deux maux, c’est encore choisir le mal.