“Qu’il est, et le plus jeune et le plus grand des Rois“ écrivait Corneille de Louis XIV à l’aube du règne personnel de celui-ci. Gageons que Madame Macron qui fut professeur de lettres connaît ces vers et Monsieur Macron sans doute aussi. Imaginons que l’un et l’autre y ont pensé si près du Louvre dont Louis XIV justement dut s’enfuir, enfant, et qu’il finit par délaisser pour Versailles. Il ne s’agit pas ici de sombrer dans la flagornerie mais de souligner le parcours hors normes d’un trentenaire inconnu qui en moins d’une année s’est hissé au sommet de l’Etat. Louis XIV avait l’hérédité ; Monsieur Macron n’a eu que son talent quoi que les pisse-froid de toutes obédiences se plaisent à susurrer.

Reste que les institutions de la Vème République sont une curieuse alchimie de régime présidentiel et de régime parlementaire qui oblige le Président de nommer un gouvernement bénéficiant de la confiance de l’Assemblée Nationale et donc d’une majorité au sein de celle-ci.

De façon obligée, les partis qui perdent les élections présidentielles découvrent au lendemain de celles-ci d’étranges vertus à la cohabitation. Lorsque l’exercice est conduit par des personnes se réclamant de l’héritage du Général de Gaulle, l’effet est pathétique tant les institutions que celui-ci a voulues ont fait du Président de la République la clef de voûte du pouvoir et de son élection le moment où le peuple lui confie l’essentiel des responsabilités. Au demeurant, l’électeur serait fou d’avoir supporté dix-huit mois de campagne électorale pour désigner un homme et lui refuser trente jours après les moyens de sa politique. Disons le tout de go : le pays a choisi d’être en marche et doit le rester au moins cinq ans sauf à ressusciter ce désordre à la française dont les pays étrangers se gaussent régulièrement.

Donner au nouveau Président de la République une majorité parlementaire est une impérieuse nécessité.