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Un peu plus de neuf mois ont séparé les attentats de janvier de ceux de novembre. Les enfants conçus au moment des premiers avaient à peine un mois au moment des seconds: triste début. Il faut neuf mois, dit-on souvent, pour faire un homme ou une femme et un jour pour les tuer. Chacun sait qu’il faut bien plus de neuf mois pour faire d’un enfant, un adulte et chacun a pu vérifier qu’il suffisait d’un moment pour le tuer.

De temps immémoriaux, les guerres ont fauché le blé en herbe et celle-ci ne fait pas exception. Cette fois cependant, la ligne de front passe à l’ombre de nos fenêtres et la jeunesse n’est plus l’acteur du conflit mais sa victime désignée, voulue, recherchée.

La réaction la plus élémentaire aux dernières tueries est le chagrin: chagrin des yeux fermés, des lèvres qui ne souriront plus, des visages éteints; chagrin du chagrin des familles ; chagrin de l’inutilité même du chagrin; chagrin qui reste la plus formidable réponse d’humanité à l’irruption de l’inhumain.

Ensuite peut venir le temps de la réflexion.

Le terrorisme est un compagnon de route ancien des sociétés occidentales. Théorisé en système de gouvernement par la Révolution française, érigé en moyen d’action politique par des groupes vidés de compassion, le terrorisme a traversé les années pour se prolonger jusqu’à nous: anarchistes du XIXème siècle finissant, Brigades rouges, Bande à Baader, Action directe, Irlandais, Basques et Corses, nombreuses sont les causes qui ont fait croire à leurs partisans qu’ils avaient le droit de tuer.

Le terrorisme islamiste est plus violent, plus meurtrier et moins compréhensible à nos intelligences que beaucoup de ceux qui l’ont précédé. Les attentats de janvier furent un exercice de meurtres idéologiques visant des journalistes irrévérencieux et une communauté religieuse. Les attentats de novembre furent un double exercice de meurtres idéologiques et politiques en ce que visant une musique mal aimée et l’engagement de la France au Moyen Orient.

Enfin doit venir le temps de faire.

A l’échelle du politique, faire, c’est poursuivre ce qui est en cours en évitant la sottise d’engager des troupes occidentales sur le sol du Moyen-Orient et en commençant de vraiment armer et soutenir les Kurdes.

A l’échelle du citoyen, faire c’est ne rien changer à ses activités et mode de vie car céder sur cela serait capituler sur l’essentiel.